Epandages aériens de pesticides

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Le Syndicat Apiculteurs Midi-Pyrénées gagnent face au préfet de Toulouse.

Dans un jugement du 20 juillet 2015, la juridiction administrative toulousaine annule, à la demande de nos associations (FNE Midi-Pyrénées, FNE, Nature Comminges et Apiculteurs Midi-Pyrénées), l’arrêté du 5 juillet 2012 qui autorisait une dérogation saisonnière à l’interdiction d’épandage aérien sur les cultures de maïs grain, semences et pop-corn.

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Les Apiculteurs Midi-Pyrénées, FNE Midi-Pyrénées et le collectif anti-ogm 31 s’étaient fortement mobilisés1 pour dénoncer ces dérogations aux graves conséquences sanitaires et environnementales.

Après cet important travail de plaidoyer, le Ministère de l’agriculture a finalement décidé d’interdire ces épandages aériens sur toutes les cultures à partir du 1° janvier 2016, par arrêté du 15 septembre 20142.

Ici, en Midi-Pyrénées, il aura fallut attendre 3 ans pour que l’arrêté de 2012 soit annulé.

Nous avions participé le 30 mai 2012 à la consultation publique de la préfecture sur le dossier des épandages aériens de pesticides. Mais le préfet n’avait pas jugé bon de prendre en compte le résultat de cette participation, pourtant la plus importante de France.

Le juge toulousain retient deux motifs d’annulation de l’arrêté. Premièrement, il considère qu’en se contentant d’indiquer que 6700 hectares étaient possiblement concernés par un épandage aérien, il était impossible de localiser précisément les parcelles. Ainsi, le public ne pouvait savoir si le champ voisin allait être pulvérisé. D’ailleurs, la campagne des épandages nous a montré qu’une commune non indiquée a été concernée et que les distances de sécurité avec la voirie et les parcelles en fleurs n’ont pas été respectées.

Le tribunal considère également que l’imprécision du dossier ne permet pas de connaître les sites Natura 2000 potentiellement atteints.

Nos associations se réjouissent d’une telle décision qui confirme leurs inquiétudes, mais regrettent néanmoins que trois années soient nécessaires pour en prendre connaissance.

Pour Olivier Fernandez : « C’est la victoire du pot de terre, contre le pot de pesticides ! Cette décision vient définitivement sceller la future interdiction des épandages aériens qui sera effective au 1° janvier 2016. Mais ce n’est qu’une première étape dans la nécessité de changer nos pratiques agricoles. C’est aujourd’hui un passage obligé tant du point de vue de la protection de notre santé (humaine et apicole) que du point de vue des emplois ! ».

La préfecture s’est vue condamnée à verser la somme de 1 000€, en raison des frais juridiques engagés par les associations … frais qui sont largement plus importants, sans parler des conséquences durables des molécules épandues durant cette année 2012.

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1 http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/01/16/les-epandages-aeriens-de-pesticides-vont-se-poursuivre-en-france_4349063_3244.html
2Actuellement des dérogations sont autorisés pour le riz (19 196 hectares sont potentiellement concernés en Camargue pour l’année 2015 (les premiers épandages ont déjà eu lieu)), la vigne est quant à elle aussi peut-être concernée par ces demandes… Sollicité à ce sujet le Ministère de l’agriculture, ne nous a toujours pas donné de précisions.

 

Un combat national :

Grâce au relai de France Info, du Canard Enchaîné et de France Télévision, notre combat a eu un retentissement national en juillet 2012 :

 

Actuellement en août 2015, des épandages aériens de pesticides ont malheureusement encore lieu sur
19 000 hectares de riz en Camargue. Pourtant des méthodes alternatives comme celle utilisée au Japon existent :

http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/agriculture-intelligente-des-canards-pour-remplacer-les-pesticides_1008729.html

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